Une dépêche de l'AFP parue sur la page actualités d'AOL :
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L'Allemagne parle à nouveau d'interdire le parti NPD néo-nazi
26 août 17:36 - BERLIN (AFP) - L'Allemagne, choquée par de nouvelles agressions racistes sur son sol, réfléchit de nouveau à l'idée d'interdire le parti néo-nazi NPD, quatre ans après l'échec d'une première tentative.
L'idée a été relancée par le chef du parti social-démocrate (SPD) Kurt Beck après l'agression de huit Indiens, pourchassés par une horde de jeunes à Mügeln, dans une bourgade de l'ex-RDA sinistrée, devenue terre de prédilection du NPD xénophobe, raciste et antisémite.
L'annonce vendredi d'une autre agression, cette fois dans l'Ouest et visant un Soudanais et un Egyptien, est venue à brûle-pourpoint rappeler que l'extrémisme de droite et les préjugés racistes et xénophobes, même s'ils sont plus palpables à l'Est, concernent tout le pays.
Ces attaques ont relancé le débat sur la stratégie des autorités allemandes, qui mettent la lutte contre tous les extrémismes, islamiste y compris, sur un pied d'égalité.
Aussi la proposition d'interdire le NPD a-t-elle suscité nombre de réactions, plus défavorables que favorables, jusqu'au-delà des frontières: le vice-président de la Commission européenne, Franco Frattini, a plaidé pour.
"Si l'Allemagne en arrivait un jour à interdire le NPD, je le saluerais haut et fort" car les néo-nazis représentent "une menace" et "un ulcère cancéreux pour les pays démocratiques comme l'Allemagne", a-t-il déclaré.
Le NPD, créé en 1964 par d'anciens fonctionnaires nazis, est le plus radical des partis d'extrême droite allemands, adeptes des provocations. En 2005, il avait suscité un tollé en qualifiant le bombardement allié de Dresde en 1945 d'"holocauste sous les bombes".
Kurt Beck, dont le parti est allié à la CDU (Union chrétienne-démocrate) d'Angela Merkel au sein du gouvernement, a soumis son idée à la direction du SPD, qui compte la proposer aux militants au cours d'un congrès en octobre.
Mais le camp Merkel semble plus que réticent, à commencer par la chancelière et son ministre de l'Intérieur Wolfgang Schäuble. Il juge la procédure risquée et estime qu'un nouvel échec renforcerait le NPD, longtemps resté insignifiant mais qui siège aujourd'hui dans deux parlements de l'Est.
Le NPD, absent de tout parlement depuis 1968, avait fait une percée fracassante (plus de 9% des suffrages) en Saxe en 2004, puis récidivé en 2006 en Mecklembourg-Poméranie.
En mars 2003, la Cour constitutionnelle fédérale avait refusé d'interdire le NPD, en raison d'un vice de forme. La Cour avait jugé que certains témoins invoqués pour étayer les activités prétendument hostiles à la Constitution posaient problème puisqu'ils étaient des agents des services de renseignement intérieur infiltrés au sein du NPD.
Or ces agents sont toujours en activité.
Interdire le NPD priverait l'Etat d'une source cruciale d'informations sur les milieux d'extrême droite, relèvent aujourd'hui des détracteurs du projet.
En outre, plaident-ils, le démantèlement de groupuscules d'extrême droite comme "SSS" (Skinheads de la Suisse saxonne), Sturm 34, Deutsche Schutzbund n'a pas empêché ses adeptes de poursuivre leurs activités.
Un secrétaire d'Etat, Hermann Kues (CDU), a estimé samedi qu'il valait mieux un vrai débat démocratique qui mette en exergue le danger représenté par l'extrême droite.
Des propos qui rappellent le "soulèvement des gens de bien" réclamé autrefois par Gerhard Schroeder, alors chancelier d'une Allemagne confrontée à une vague d'agressions xénophobes (2000-2001).
La ministre de la Famille, Ursula von der Leyen, s'est engagée à améliorer l'encadrement des jeunes pour forger une "culture de l'engagement civil".
Une dirigeante écologiste, Renate Künast, réclame, elle, le doublement des fonds alloués à la lutte contre l'extrême droite (24 millions d'euros en 2007).
A Mügeln, une veillée a réuni samedi soir 200 personnes."
Source : AFP sur la page actualité d'AOL ************************************